J’ai intitulé ma présentation du jour « Capoeira et vélo : histoires croisées et rencontres conjoncturelles » afin de vous rendre compte d’une enquête que j’ai faite dans l’optique de croiser l’objet d’un de mes séminaires universitaires portant sur le vélo avec mon objet de recherche qu’est la capoeira. Mais mon idée de faire un rapport sur les croisements entre ces deux sports demeure antérieure à ce séminaire, et cet exposé d’enquête aura pour but de vous démontrer que des croisements ont bel et bien eu lieu entre vélo et capoeira, et j’essayerai de comprendre ce pourquoi ces croisements et similitudes adviennent. A priori, la capoeira, un art martial, a par définition peu en commun avec le transport qu’est le vélo, ou même son sport associé, le cyclisme. Tout d’abord, l’attention que j’ai voulu porter sur les croisements Capoeira-Vélo est parti d’un constat récent que j’ai davantage ressenti aux débuts de la crise de COVID 19, et même un peu antérieurement, au moment des grèves de transports de février 2019. Comme certains d’entre vous l’auront peut-être remarqué, ces évènements auront occasionné une augmentation du nombre de cyclistes dans Paris et en France de manière plus générale. J’ai même regardé le premier bulletin des fréquentations de vélo en France faits par le ministère de la transition écologique, et il y est indiqué que le nombre de passages de vélo en France aurait augmenté de 30 à 40 % entre 2019 et 2021. Il m’a semblé que cette évolution du nombre de cyclistes n’a pas été sans impact sur l’augmentation du nombre de capoeiristes-cyclistes. Notamment dans Paris et dans la petite couronne, je ne suis pas le seul à me rendre sur les lieux de capoeira en employant ce transport, mais reste à savoir si le fait que je remarque un usage relativement répandu du vélo chez les capoeiristes d’Île-de-France relève d’un hasard ou des circonstances post-COVID, autrement dit, de conjonctures, ou si l’association capoeira-vélo revêtirait d’un sens plus profond, lié à une histoire plus ancienne.
Au cours de la mini-enquête que j’ai mené, la question qui m’a orienté était la suivante : Dans quelle mesure vélo et capoeira auraient-ils des liens ? ou formulé de manière plus scientifique : Quels sont les points communs anthropologiques qui relient la pratique de la capoeira et celle du vélo ? Dans quelle mesure peut-on unir les pratiques, même s’il faut bien se garder de les distinguer ? Je ne suis pas
